Cet instant où, en voyage, la terre cesse de tourner



La Vie est Magie. Mais, pris dans le tourbillon des pas pressés et des pensées pressurisées, nous oublions que le simple fait de respirer est un miracle.

En voyage, nous redécouvrons qu'à chaque coin de journée se cache le Merveilleux et nous réapprenons à voir avec les yeux pailletés de l'enfant. 

Portfolio de ces petits bouts de l'Autre Bout où le temps retient son souffle. 



Nous étions un groupe de 5 personnes, 6 avec notre guide. Le sommeil piquait encore nous yeux et l'aube encore ténébreuse glissait sur le sol glacé lorsque nous nous sommes levés de nos lits compacts à cinq heures du matin.
Rien ne nous préparait à ce spectacle. Une étendue sans fin de blanc salé, pailleté, qui brûlait notre regard quel que soit l'endroit où nous le portions. Suspendus dans le vertige du temps.






Tout est sujet à l'émerveillement à la Réserve Nationale de faune andine Eduardo Avaroa.
Les couleurs, les textures, le vent léchant notre 4X4 alors que ses roues craquent sur le sol rocailleux. Puis, au bout d'un virage, le lagon rouge qui déploie ses teintes rouille et sang devant nos yeux écarquillés. Puis les flamants, le souffle de leurs ailes si près de nous alors que nous nous asseyons, sans mot, la respiration coupée, pour admirer ce trésor qui s'offre à nos yeux.




À la lisière de l'Argentine et du Chili, la Bolivie se pare de sa traîne rocailleuse et volcanique sous un ciel saupoudré de nuages laiteux.




Fin du premier jour de navigation en voilier. Nous étions 20, presque autant de nationalités. Sur l'île de Rendezvous Caye, nous avons laissé le bateau pour dresser nos tentes avant de festoyer. Mini portion de terre flottant sur les Caraïbes, nous nous sommes laissés bercer par le clapotis des vagues irisées alors que, lentement, le soleil se laissait engloutir par l'horizon doré.




Le ciel était chargé ce soir-là sur le Norwegian Epic, seigneur des mers de 19 étages nous menant, mes compagnons de voyage et moi, à Miami depuis Barcelone. Un noir d'encre avait enveloppé l'atlantique et nous ne percevions plus que le sifflement du vent et le bourdonnement sans fin du géant transatlantique. Quand soudain... L'électricité déchira l'horizon à plusieurs reprises de ses éclatantes veines blanches.




Le bus tanguait sur les routes norvégiennes en bord de fjords. L'hiver déployait ses teintes crémeuses et subtiles sur une mer d'un bleu-vert délavé. Tandis que chacun vaquait à ses occupations, habitué à la beauté douce et irréelle de ce paysage glacé, moi, la seule étrangère du bus, ne pouvais détacher les yeux de ce merveilleux tableau.




C'est naturellement que, m'éloignant de l'endroit où tous les autres posaient leurs pas, j'allais à la rencontre de la solitude bienveillante, régénérante du Cap Nord. À l'extrémité de la Norvège, alors qu'un vent rageur mêlait la neige à l'eau et s'engouffrait dans mes oreilles, une sérénité brute s'engouffra, elle, dans mon esprit.




La lune déployait son disque argenté au bout des sapins interminables duvetés de neige. La neige tombait, elle n'arrêtait pas de tomber alors qu'Hanna et moi nous enfoncions de plus en plus dans la forêt. Seuls nos rires, le "pffft! " de la neige qui tourbillonnait sur le sol et le crissement de nos raquettes venaient rompre le silence harmonieux de l'hiver finlandais.




Le soleil était en train de se coucher sur le lac baïkal alors que qu'une jeune femme, quelque part, nous berçait d'une chanson. Allongés sur la roche, sous le vol des oiseaux au-dessus du lac aux reflets roses et bleus, mon compagnon de voyage et moi nous laissions dériver vers d'autres rivages, emportés par les notes douces-amères caressant nos corps engourdis.




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Annajo Janisz


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