Dans le ventre bouillant des Amériques (T.1) - Extraits


Bonjour mes chers lecteurs, mes amis, mes amis ET lecteurs, tous ceux qui me donnent la chance :

  • De partager mes rêves avec eux
  • De prouver ma valeur 
  • De propager et transmettre mon énergie et ma passion
  • De prouver au monde que tout est possible, si on maintient le cap. 

Anne's Beach, Floride


Comme promis, et parce que tout le monde n'a pas, d'origine, un compte sur Amazon, je publie ici l'extrait de mon livre et ebook "Dans le ventre bouillant des Amériques", Tome 1 — Récit illustré de voyage en Floride et en Amérique centrale, par Annajo Janisz. Il s'agit du début du récit.
Vous pourrez ainsi vous faire votre propre opinion de la qualité de mon ouvrage.

En espérant que cette plongée dans mon univers vous donne envie de vous aventurer dans le "grand bain caribéen" et de vous procurer le livre (ou l'ebook) complet.

Par votre achat, ce n'est pas seulement un bon moment que vous passerez (je m'y engage :)).
Par votre achat, c'est l'écriture indépendante que vous soutiendrez, et tous les auteurs qui ne lâchent rien pour vivre leurs idéaux et vous donner de l'écriture de qualité ainsi que du rêve. Par la seule force de leur détermination.

Envolez-vous vers mon nouveau blog pour en savoir plus sur mon voyage en Amérique centrale ;)



Bonne lecture !

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Résumé du livre sur Amazon  


"Vous aimez les voyages organisés, où tout est lisse et planifié ? N'ouvrez surtout pas ce livre.

Pour les férus d'expériences rafraîchissantes, de romances croustillantes, de galères et de moments de grâce...
...Suivez le guide !

Mon récit de voyage est avant tout le vôtre. Parce qu’en voyage...

— Qui ne s'est pas écroulé de fatigue, 20 kilos ou plus sur le dos, à force de chercher le bon hostel au bon prix ?
— Qui n'est pas tombé un jour dans les bras d'un(e) subjuguant(e) étranger(e) ? Qui n'a pas vécu la plus folle des romances ?
— Qui ne s'est pas fait arnaquer ? Abuser ? Plumer ?
— Qui n'a pas respiré cet instant de grâce où le temps semble s'être arrêté ? Où le coeur est si rempli de bonheur qu'il cesse de battre ?

Ce livre vous emmènera dans un ballet d'expériences et de sens d'où vous ne ressortirez pas intacts.
Mais qu'est-ce qu'un livre sans images ? Celui-ci est illustré par mes aquarelles, dessins et photos.

Alors... Vous embarquez ?"



Source : AMAZON (lien cliquable vers le livre et l'ebook voyage)


                                                   
                                          COMMENTAIRES LECTEURS : 



Pourtant pas particulièrement adepte du récit de voyage, j'ai aimé !

Sans doute parce que chaque épisode offre matière à délectation pour nos sens.

Sans doute parce que le tout est pimenté de malice et relevé d'une pointe de philosophie de bon aloi.

Sûrement parce que la magie poétique des mots puisés "au cœur de la meule ", opère dans une partition étudiée qui se veut la transcription au plus juste et sans superflu d'une succession de sensations et d'impressions captées par tous les pores.

Probablement parce que je me suis volontiers laissé emporter par un style frais hors des sentiers battus, recélant de jolies trouvailles au détour de chaque phrase.

Bref, j'ai été pris dans le voyage : bravo miss AnnaJo pari réussi !!!

Au diable qui pourra trouver l'approche trop "littéraire" pour le genre. Place à l'invention et à l'exploration au-delà des limites !


(Olivier)




"Sur un coup de tête, l'auteure part en croisière pour la Floride avec deux amis, puis les laisse repartir pour s'aventurer seule toujours plus loin vers le Sud, vers cette Amérique Latine à la fois joyeuse et redoutable... 

Ce récit est une succession de petites tranches de vie telles qu'elles se déroulent en voyage à l'étranger, tantôt enthousiastes tantôt dramatiques, parfois sensuelles et toujours édifiantes. Le style de l'auteure frappe, tout en ellipses, non-dits et images incongrues, omettant volontiers les mots en trop et bien souvent ceux qu'on attendait, et ne donne aucune explication mais fait partager des sensations. D'abord déroutant, mais bientôt étonnamment plaisant. Bref, un récit de voyage inhabituel et bien écrit, facile et agréable à lire."

(Camille B)



"J’ai beaucoup voyagé et lu un grand nombre de récits de voyages mais là ! Annajo Janisz nous entraîne à toute allure dans une aventure vraiment originale. Le style est unique, comme des impressions jetées sur le papier mais en fin de compte très travaillé. 

J’ai parfois eu, dans mon fauteuil, une sensation d’essoufflement tant les situations s’enchaînent comme dans une folle randonnée. Mais j’ai terminé le livre non pas épuisé mais émerveillé. Pour tous ceux qui rêvent d’aventure, il faut absolument découvrir ce récit sensuel, endiablé, envoûtant. Vivement le deuxième tome."

(Marcel)



"Un ami qui connait ma passion pour le continent Américain m'a offert cet e-book. Avant de le lire je suis venu sur Amazon pour me renseigner un peu plus. Encouragé par le commentaire de Camille Bourg, je me suis donc lancé dans la lecture les yeux fermés (et non pas ouverts). Je n'ai qu'une chose à dire pour résumer ma pensée : j’ai adoré.

Ça commence par des histoires d’amitié de l’autre côté de l’atlantique. Ça continue par des histoires d’amour. Et quelles histoires d’amour ! Au fur et à mesure, on s’imprègne peu à peu de l’atmosphère si particulière propre à l’auteur.

Une atmosphère pleine de vie, de couleurs, de rencontres.

C’est pas facile au début d’entrer dans l’univers de certains livres mais ensuite, on ne peut que se laisser prendre, emporter par la magie des mots.

Nous avons ici une magicienne des mots. Elle joue avec eux avec délice et on se laisse subjuguer.

A acheter les yeux fermés pour vivre un grand voyage des sens!"


(Dominique D)



"Tout ce qu'on aime dans un récit de voyage: des grands moments de solitude et de galère, du sexe, mais aussi des moments de grâce."

(Sylvain J)



"C'est mon premier "récit de voyage". Je ne m'attendais à rien d'autre qu'à une belle surprise connaissant un peu l'auteur.
 

Tout d'abord il y a la langue, toute personnelle, d'AnnaJo Janisz : on devient très vite accro à son rythme qui berce tout en portant - c'est un doux stimulant.
 

Si vous voulez une ambiance, des touches personnelles (parfois même "hot" !), c'est pour vous ! Si vous voulez un catalogue type Routard des "à voir/ à faire", ce n'est pas du tout ça. Ce livre est avant tout ressenti et expérience partagés.
 

Les courts chapitres sont autant de tableaux ciselés avec concision et subtilité à la fois ; il en ressort une lecture riche et savoureuse."

(Axel)


Lien Createspace (lien cliquable vers le livre voyage)


Tous droits de traduction, d’adaptation et de reproduction réservés.

Cette oeuvre est référencée et protégée à la SGDL.   

ATTENTION ARNAQUE : Mon ebook ne se vend QUE sur les sites AMAZON !!! ON NE PEUT PAS L’ACHETER EN PDF, ET ENCORE MOINS L’OBTENIR GRATUITEMENT !

DES SITES FRAUDULEUX (se terminant par .ru) en proposent le téléchargement gratuit en pdf, mais vous redirigent ensuite vers un site qui vous demande de vous enregistrer pour « télécharger » soi-disant le pdf, avant de vous obliger à rentrer votre numéro de carte bleue !

NE TOMBEZ PAS DANS LE PANNEAU ! 


De plus, vous verrez sur Amazon d'autres prix que celui que j'ai fixé initialement. Ce n'est pas moi qui en ramasse les bénéfices, hélas. FAITES BIEN ATTENTION À LÀ OÙ VOUS CLIQUEZ ! Je vends mon livre PAPIER NEUF À 24,99€. PAS UN EURO DE PLUS. Merci de votre attention. 
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                                                   REMERCIEMENTS



         À mes parents, qui m’ont enseigné à voir au-delà du visible et à écouter avec le cœur. Ta force et ta détermination, maman, sont mes piliers.

À mes amis, qui ont toujours été à mes côtés. Dans les montées tout comme dans les descentes. Vous ne m’avez jamais permis de toucher le fond.

À Françoise, celle qui m’a permis de croire en moi, de ciseler mes mots, de faire surgir l’émotion en enivrant de sens le papier. Sans Toi, je n’en serais jamais arrivée là.

À Olivier, qui a supporté sans faillir – et avec le sourire – mes râles, mes doutes, mes moments de déchéances autant que mes espérances. Ton talent qui inspire et ton optimisme increvable ont fait croître ma persévérance. (Olivier Dentier a illustré la couverture de mon livre : http://od-phi.com/)

À Camille, ma meilleure amie. Les années passent, les gens ne restent pas mais toi, si.
T’encenser de ma gratitude pendant le restant de mes jours ne suffirait pas à égaler tout ce que tu as fait pour moi. Nous avons tellement de chance de nous avoir.

À Maleewan et Don, du Baanrimtaling Guesthouse (http://www.chiang-khong-guesthouse.com/) à Chiang Khong, Thaïlande, où j’ai pu rencontrer des êtres formidables, des amis maintenant, et où j’ai pu, dans les conditions optimales, parachever ce récit.

À tous ceux qui me soutiennent. Dire des noms me fera en oublier d’autres alors je n’écris rien mais je souris : je sais que vous vous êtes reconnus.

Et à toi, cher lecteur, qui liras ce livre, qui a donné sa chance à un nouvel auteur. Toi qui, par l’acte conscient de ton achat et de ta lecture, me fait exister en tant qu'écrivain et donne à ma joie une dimension sans égale. Parce que sans ses lecteurs, un auteur n’est rien.

Chacun de vous a contribué à faire de moi la personne et l’écrivain que je suis devenue. En cela, ma gratitude n’égalera jamais l’étendue infinie de votre compassion et votre soutien inconditionnel.

À vous tous qui croyez en moi : MERCI.

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À l’attention des passagers s’apprêtant à embarquer sur la lecture long-courrier de cet ouvrage.

    
         Si vous déterminez l’hospitalité d’un pays selon le sourire de la réceptionniste de votre hôtel. Si vous vous attendez à un mode d’emploi brossé-lustré pointant, une à une, les destinations-phare A vers B. Si, lors de vos lectures, vous ne jouissez que sous les draps opaques des convenances et que l’ébauche d’une étreinte fait grimacer votre regard. Si rien ne vous excite plus que de cocher les « aller absolument à » en vous extasiant sur les « à ne manquer sous aucun prétexte » : n’embarquez pas sur ce vol.

         À tous les autres voyageurs : bienvenue. Bienvenue sur les sentiers non balisés des impromptus d’existence. Laissez vos émotions prendre chair dans la danse des mots vagabonds. Oubliez je vous prie les lignes, l’encre, le papier. Laissez, dans l’empreinte de votre lecture, vos pas s’accorder à mes pas sur ces terres qui vous apprivoisent déjà. Contemplez. Humez. Savourez. Ecoutez. Caressez. Raccordez vos antennes à ma plume baladeuse.


Bon voyage !

AnnaJo Janisz

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Carte de mon trajet —Transatlantique et aux Amériques


                        Histoires d’Atlantique

    
         Barcelone, dix-huit heures : un tiède octobre s’enroule dans nos cheveux. Le paquebot Norwegian Epic s’apprête à fendre les flots sous un ciel saturé de basses. Bordure catalane et gratte-ciel marin frémissent dans le crépuscule. Traversée transatlantique de treize jours, quatre compères, deux escales : on y est.
    
         Sur le bateau, complexe de vie se déploie dans une débauche de loisirs : tromper l’ennui et faire dépenser au passager quelques dollars supplémentaires.Le ponton regorge de tubes gigantesques en plastique criard pour s’aqua-muser ; cours de cha-cha pour brûler les calories des buffets à volonté. Les haut-parleurs crachent leur dance-folk eighties tandis que bambins courent et sautent en maillot de bain sous un vent qui effleure le roi des mers. Les gens discutent sur les transats dans les allées inondées de lumière ; d’autres se plongent qui dans un roman, qui dans un guide touristique. D’autres encore observent et écrivent. Les serveurs à l’affût du verre à remplir suggèrent un déca-bière-cocktail tout-non-compris. Un sourire angélique se précipite vers les lève-tôt du club de gym, mettant en avant masque capillaire/massage des mains/lifting pour 150 dollars (hors taxe 20%). Une salle de jeux interdit, en brailleuses lettres roses, l’accès aux adultes.         

         Tout est conçu pour se relaxer et, éventuellement, dépenser.
         
         L’argent ne circule pas à bord : carte de cabine fait office de carte de crédit. Un univers se révèle, naviguant hors de l’espace et du temps.




Escale à la portugaise Ponta Delgada sur l’île de São Miguel –   Archipel des Açores


         La brume s’étire sur Ponta Delgada. Les maisons en chaux blanche bordées de dentelles noires disparaissent de moitié. Des éclats de rire surgissent d’un trottoir où les maçons enjoués refont les mosaïques. La température monte en flèche, fébrile, tandis que la pluie picote ou dévale, c’est selon, les passants qui n’y prêtent plus attention. 

         Dans les ruelles grondent les voitures, chevaux de fer côtoient chevaux de chair des charrettes destinées à l’oisif touriste. Maison jaune, verte, pistache-citron ; savoureuses ; léchées par le ciel. Partout, portraits carrelés de saints ou de saintes : la Famille Divine veille sur ses insulaires ouailles. Sur la devanture des cafés-restaurants parade la bière patriotique, la Melo Abreu Especial. Le serveur tente d’abolir les résistances gustatives en installant sur la table un plat pourlécheur de babines non commandé. La saveur du palais se paie. Dans les supermarchés, Liqueur des immigrés côtoie ananas et vaches en plastique aux kitsch breuvages. Arrogantes, les bouteilles d’eau Gloria Patri se drapent dans leur fierté nationale. La Banque du Saint Esprit et ses murs griffés de graffitis prennent soin des économies de l’île. Bout d’univers posé sur océan aux humeurs changeantes ; 1500 kilomètres du Portugal, 3900 des États-Unis.



           
             Saint Thomas, Îles Vierges des États-Unis.

    
          Les tropiques rentrent jusque dans les os. Un soleil écrasant plonge dans des averses aussi violentes qu’éphémères ; la pluie, sous cette latitude, tire un rideau de fraîcheur plus que bienvenu. Le taxi-tacot se hisse comme il peut sur les hauteurs de l’île Charlotte Amalie. Les graffitis troublent de leurs pigments fournaise les murets ocre et poussière ondulant vers le ciel. Une église s’érige au détour d’un virage, apprêtée de vitraux indigo et magenta profond.
         
         Tout près, la nature défile : baroques feuilles laquées gravées de veinures, bouquets-gazon arachnides délayant leurs pattes fuselées, corolles juteuses gorgées de lumière. Délice acidulé de maisons sur les collines : cyan, pistache, cassis. Un coq gonflé de superbe, plumes obsidienne piquetées d’or, fouette la terre poudrée de sa traîne fastueuse. Ses ergots griffent le sol ; sa coiffe, hérissée d’une crête vermillon, élance son arrogance vers un ciel embrasé. Sort-il juste de l’arène saturée de cris, la victoire lustrant ses yeux, encore abreuvé du sang du vaincu ? Sa démarche impérieuse encense la mise à mort. Cooo-ot, cooo-ot, minaude sa cour, roucoulant ses faveurs ; cot-cot-codèèèc !, Voici notre héros-guerrero !, coquettent les groupies caqueteuses.
    
         Reggae partout, à plein volume. Rastas dont la bonne humeur n’est pas seulement due au climat ! Un ancêtre aussi vétuste que ses dreadlocks est englouti, sur un canapé, par des fleurs aguicheuses : étamines giclant de corolles échancrées, pétales marbrés citron cerise aux langues frémissantes, pistils érectiles drapés de mauve.

         La langueur flotte dans un ciel poisseux, tantôt vaporisé de pluie, tantôt caramélisé par le soleil.



                         Dans un monde surfait


         En croisière, l’artifice est passager roi. Des roses plastoc sur arbres caoutchouc longeant les allées aux sourires liftés des serveuses à qui on apprend à se voûter en silence. Les « ’d’morniiiiing!! » d’équipage qui voudrait cracher – qui crache ? – dans les plats, engouement aussi grinçant que les haut-le-cœur pour ces “racailles” déversant leurs inestimables papiers verts sur le feutre du black jack, en sautillant et en battant des mains. Leurs phrases où claque sans cesse le mot dollar.




Transatlantique Norwegian Epic : 19 étages...

                             
                          Tout le monde descend


         Terminus au bord des États-Unis ; la Floride nous aura fait remonter le temps à six reprises.

         Miami. Interminable débarquement, vent bouillon, brouhaha bourdonnant. Bleu découpé de gratte-ciels. Taxis en rang d’oignons. Conducteur afro-américain, anglais vigoureusement mâché au chewing-gum. Dans la confortable berline, j’entrouvre la fenêtre, tâte l’atmosphère de la ville. Elle m’imprègne de son urgence. Un tourbillon d’émotions contraires saisit ma gorge et mon estomac : première fois loin du Vieux Continent ; ça chamboule, forcément.

         Dépôt à l’hostel. Le porche grouille de monde, fumant, pianotant sur l’ordinateur ou le smartphone. Leur détachement les uns des autres interpelle. Après avoir déposé notre chargement, nous sortons. Je teste l’espagnol appris d’un livre sur le paquebot : « Un jus d’orange s’il-vous-plaît ». Le presse-agrume tourne quelques secondes, pressant les oranges – et toute mon attention. Les rues hypertrophiées, bordées de palmiers, portent le nom de fleur, de président des États-Unis, ou sont simplement numérotées l’une après l’autre. A notre retour, nous croisons sur le perron de l’hostel une punkette au short déchiré, cheveux roses et piercings, bougonne et menottée, derrière une femme policière. Bienvenue aux States.


                         Bling-bling Miami


         Premier soir de fête. Miami Beach (Miami Plage) nous accueille dans l’une de ses discothèques, réductions à l’appui. Sauf que…

         La piste de danse, saturée de Doum ! Doum ! de supermarché, révèle une poignée de naïfs qui ont tous payé cher leur inoubliable soirée. Les verres de Jäger Meister s’imbibent plus de leurre que d’alcool. Sur la piste abandonnée nous rejoignent Tomek et Simon, nos colocataires de chambre. Tomek, Polonais par racines, en prend de nouvelles à Paris ; Simon quant à lui habite Toulouse. Des yeux ronds, nous en faisons quand nous nous rendons compte avoir fait la même croisière. Ce paquebot était tellement immense ! Dix-neuf étages.

         Direction la plage pour terminer la soirée. Dans les têtes : danses, chants, musique au coin de feu. Sur place : vent dans les cheveux, sable dans les yeux. Pas une guitare. Le chemin du retour étale son festival de tendances discutables. Des gamines se dandinent, verre à la main, quelques centimètres carrés couvrant ce qu’il leur reste de pudeur. Des ados font hurler le moteur d’une Smart rallongée, boîte de nuit roulante vert néon. Déballage de lumières, seins, fesses. À Miami Beach on se montre, à tout prix. Le bling-bling éclate en mille diamants dans nos prunelles qui ne savent plus où se poser. Eberluées, interloquées, subjuguées cependant.


  
Tomek & Simon : la traversée plus tout à fait solitaire


         Plus que de chambre, Tomek et Simon deviennent des compagnons de route : ils m’invitent à explorer la Floride en voiture. Ce soir, direction l’aéroport de Miami où attend notre carrosse. Mes trois compères français s’en vont demain. Les troquer contre des inconnus rencontrés la veille, bizarre ? Pas tout à fait. Quelque-part au-dessus des racines polonaises de Tomek, mes doutes s’évaporent. Après moult errances dans les allées démesurées de l’aéroport, nous nous pointons devant l’agence de location de voitures Dollar. La réceptionniste arbore un grand écart de sourire ; nos dents se resserrent alors que se rajoutent, au prix toutes taxes non comprises, assurance et abonnement autoroute. Le choix du bolide met les yeux à rude épreuve dans ce hangar dégueulant modèles et couleurs. Am, stram, gram… C’est décidé ! Ce sera la Chrysler rouge pompier, boîte auto, moteur 4 litres, essence, 6 places rétractables.

         Au soleil couchant, l’asphalte ceint de palmiers se déroule, interminable. Sur le tard nous tournons à Key Largo, après un panneau “traversée de crocodiles” refroidissant quelque peu.

         Le restaurant-motel Marina crépite de ses guirlandes spectrales. Aucune vie n’anime ce lieu inspirant plus l’art de l’épouvante que celui de recevoir. Mais soudain, contre toute attente, une silhouette : « C’est pour une chambre ? »

         Fin de soirée côté mer, breuvage bulles d’or et chips-lamelles croquantes taille XXXL, guitare au balcon ; les pêcheurs sortis de leur cabanon sont tout oreilles. Un cordon de loupiotes multicolores serpente au-dessus du ponton. L’air se fait léger.

         Ayant laissé ma cargaison à l’hostel de Miami-plage, un sac-à-dos et une guitare sont mes modestes munitions. Faute de places et c’est tant mieux, mon départ en bateau pour le Mexique se retarde. Colorer d’éternité l’instantané : ça me plaît.



                               Sur fond d’ivresse


          Le meilleur plan n’est-il pas de n’en avoir aucun ? Sinon d’imiter les lézards sur la proche plage d’Islamorada. Le chemin débobine boutiques, restaurants mexicains, fast-food, résidences coquettes, palmiers vert prairie, turquoise, nano, macro. Sous un ciel sans nuages s’étalent les étendards américains. Boîtes aux lettres dauphin, phoque, caniche, labrador. La route 1South (Sud1) déroule son goudron brûlant sous les roues de notre pur-sang de fer. Découverte d’Anne’s Beach, hommage à l’écologiste Anne Eaton qui a contribué, selon la plaque, à maintenir la beauté et la sérénité du lieu.

         Un arbre-aiguille s’enfonce dans la mer. Au bout du sinueux ponton en bois, l’eau cristalline se rouille par endroits, teintée d’algues et de vase. On a pied jusqu’à loin mais les plantes-anguilles, léchant les chevilles de leurs langues visqueuses, atténuent l’enthousiasme aventureux. Les tiges noueuses des mangroves disparaissent sous le tapis marin. Sable neige immaculé. Des dizaines de libellules agitent l’air de leurs grésillements rayés noir et blanc.

         Retour au Marina au crépuscule. Le Gilbert’s Resort et son Tiki Bar animent le soir d’un concert rock-country. Dans la foule, un visage café au lait déborde d’un T-shirt Norwegian Epic bleu azur. Notre transatlantique ! Tomek et Simon l’y ont déjà rencontré.
Eugène, réceptionniste dans un hôtel à Carcassonne, n’en est pas à sa première croisière. Le bleu est sa fixette préférée et, tout en dévorant les bonbons Schtroumpfs qu’il trimballe depuis la France, il partage avec nous ses souvenirs de traversée.

         Sur scène, échappés d’un clip du groupe ZZ Top, se trémoussent batteur, bassiste, guitariste accompagnateur ; parfois une chanteuse, et un guitariste-chanteur : Stuart. Timbre feutré, barbiche en virgule, casquette râpée, ventre et T-shirt vert bouteille Canal de Panama. Fleurant la cinquantaine, sérénité bien trempée. Les chansons de Stuart prennent aux tripes tandis que, doucement, l’alcool monte, déroute. Tandis que je m’enquiers du prix de son album, il chasse d’un revers de main l’incongruité de la question : « c’est cadeau ». Son ex-femme est Bordelaise : il manie français et science œnologique à merveille.

         Jusque tard dans la nuit et après moult levers de coude, nous goûtons la fraîcheur subtile de cette soirée. Session guitare en bord de mer en after. Évidemment.



                                             Fragile beauté


         Réveil tardif pour marmottes en mal d’ivresses. L’après-midi se voit consacré à l’exploration, avec Eugène, du trésor marin des Keys, archipel du détroit de Floride. Sur la route nous menant au Parc d’État du récif corallien John Pennekamp, récif que nous longerons en bateau, un panneau losange rouge signale : “prisonniers d’État au travail”. En effet. Des silhouettes jaune fluo coupent l’herbe armées de faucilles électriques. D’une bouche fuse l’ironique « Vous vendiez de l’herbe ? Coupez-la, maintenant ! »

         Le sol vitré du bateau permet au guide de commenter le grand bouillon. Au-dessus de la terrasse, pélicans et ibis fendent les airs ou s’ébrouent sur les panneaux aiguilleurs de navire. Parmi poissons lamelles, raies, crabes, méduses, la mer dévoile ses coraux dont le corail-cerveau nervuré ressemblant comme deux neurones au cerveau humain. Arrêtés près de l’un d’eux, d’un mètre de diamètre, nous constatons son sommet mutilé ; par une ancre. « Il mettra des centaines d’années à se régénérer ». Le guide secoue la tête d’un air navré : les dégâts causés par un seul homme…

         Affable jeune femme d’une vingtaine d’années, casquette blanche sur cheveux blonds-roses noués négligemment en queue de cheval, piercing aux lèvres, notre guide nous avertit que certains pourraient subir les assauts d’une mer agitée. Aucun accident n’est à déplorer malgré nos prédispositions de la veille.


                         République des conques


         A la pointe sud des Keys, les résidences coloniales bigarrées paressent sous de larges palmiers. Le soleil s’apprête à se coucher sur un horizon qui regarde Cuba à 106 miles. L’intitulé “Conch republic” (République des conques), État fantaisiste de l’extrême sud floridien, orne l’obélisque qui en est le symbole. La rebelle et alternative Key West est sa capitale depuis 1982. On célèbre chaque année la République des conques par des concours de tatouages, des courses de vieux bolides, une foire à l’artisanat.

         Direction Mallory Square. Tandis que nous longeons la berge où le soleil, avalé par la mer, raye de ses derniers feux l’horizon satiné, artistes et badauds s’écoulent, s’écoutent dans un florilège de corps et de langues. Un homme d’une cinquantaine d’années, accent français à couper au couteau – de Brie ? –, donne ses matous en représentation. C’est chat-crément drôle. Ils sautent, se grimpent dessus, les gens applaudissent, les enfants crient. L’un des félins, répondant au mélodieux nom de Chopin, délie pourtant quelques fausses notes. Plus loin, trois séduisants T-shirts, orange, vert, bleu, tous flanqués du logo “Potes de pogo”, font bondir des engins à ressorts dans d’improbables pirouettes. Mon regard s’envole aux côtés de Monsieur T - shirt vert.

         Plus loin, dans un parc aux augustes troncs, Le buste d’Hemingway scintille, rappelant que Key West accueillit l’écrivain. Dans les boutiques, des mannequins taille Floride affichent des nibards de la taille d’un État et, dehors, les croupes s’exhibent sous des vestiges de tissu. Les chauffeurs attendent dans leur taxi rose Mattel.

         La consommation d’alcool étant interdite sur la voie publique, un arbuste au fond d’un carré de parc se charge de planquer notre délit. En face, de cossus voiliers dodelinent sur les vagues transparentes.


                    Vous avez dit mauvais goût ?


         Le soleil tord brusquement le cou au sommeil du matin. Au Tiki Bar, la fête bat son plein : championnat international de bateaux de course fabriqué-aux-USA. Couleurs rutilantes, moteurs de Formule Un ; ombres chinoises alanguies sur les flancs des Ferrari flottantes. Une grappe de muscles huileux saille de l’un des bolides rayé jaune et noir. À l’avant crame, cuisses en V, une paire de donzelles siliconées. Des doouuuum ! doouuuum ! migraineux lacèrent le ciel, couvrant la vaine tentative d’un guitariste de reprendre de vieilles chansons pop-folk. Deux Barbie affûtées au bistouri, 10 cm² de drapeau américain sur les fesses, émergent de l’un des vaisseaux flottants. Un groupe aux abdos sculptés à la bière s’attable à côté de nous, suivi par des starlettes aux cheveux roses et aux shorts échancrés. Festival de m’as-tu-vu à la sauce Mac-Do.



                         L’empire des beatniks


         Il est l’heure de dire adieu à Eugène. Non sans mélancolie, nous le regardons s’éloigner. Pour certains, une croisière n’est pas le processus mais le but.

         La Floride ne se dissocie pas des Everglades, son immense marécage subtropical que nous entreprenons d’explorer. Arrêt d’une nuit dans une auberge de jeunesse conseillée par un voyageur à Miami Beach. Nous franchissons le seuil d’un univers à la gloire des beatniks tatoués : boucles d’oreille, breloques XXL et toison grisonnante s’échappant des chemises bûcheron. Une fois installés, je quémande à l’un deux sa guitare ; regard révulsé : « Euh… Si tu ne mords pas les cordes ! » Ça ira avec la mienne tout compte fait. Un parfum d’encens bon marché brûle nos narines. Dans la grappe de baraques réchauffées de pastel, des messages peace and love fleurissent sur les planchettes en bois décorés de plumes et les poufs arc-en-ciel. Une fontaine, au-dessus de laquelle ondulent des bandelettes roses et jaunes, murmure dans le jardin. Quelques mètres plus loin, la carte des Keys, peinte sur une table vermoulue. Un bâtiment plus modeste abrite la cuisine avec, en enfilade, le coin internet et vidéo.

         M’enfonçant dans les poufs avec Tomek et ma guitare, je lui apprends des accords. Simon enlève ses habits pour se baigner dans la fontaine : « J’avais dit que je le f’rai ; j’le fais ! » Je le rejoins dix minutes après, en sous-vêtements. Le réceptionniste, accordé au décor, cheveux mi-longs-bandana, jette dans notre direction le même regard halluciné que l’autre bouffeur de guitare.
Concert improvisé, baignade soutif-culotte en public : deux actes hardis en une seule soirée. Nous affranchir du regard des autres c’est aussi ça, voyager. Les liens sont noués en express, souvent l’histoire de quelques heures. Pourquoi se priver d’oser ?



Annajo Janisz

Tous droits réservés

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