Le slam d'un drame



J’ai le cœur à vif ce soir
Et si par hasard mes pensées
S’égarent
C’est que les « pardon », « désolé »
N’ont en fait jamais été d’actualité.
Des milliers de vies foutues en l’air
Pour un putain de bout de terre
Les chairs cramées viennent irriguer
Des quelques hyènes l’avidité.

Pour quoi ? Pour qui ? Pour une frontière
Peinte avec le sang de vos frères ?

La vie n’a pas de prix, dit-on
Alors pourquoi sans cesse des vies soustrait-on ?
Ici, pour chaque souffle inhalé
Un ultime soupir est versé.

C’n’est plus un « là-bas » méconnu
C’est juste au coin de notre rue
Ces ombres en guenilles gisantes
Aux pieds de nos rues commerçantes.




Annajo Janisz

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